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Ce programme cosmopolite tourne autour d’une figure emblématique de la musique pour clavier du XVIIe siècle : le mystérieux Johann Jacob Froberger (1616-1667), dont l’une des particularités fut de voyager à travers l’Europe pour le compte de l’Empereur Ferdinand III, ami et mécène auprès duquel il passera une grande partie de sa vie, à Vienne.

L’œuvre de Froberger ne fut pas éditée de son vivant, mais de nombreux manuscrits en contiennent des fragments, nous aidant à retracer son parcours international : c’est ainsi que le manuscrit Bauyn (v.1660, Paris), fait se côtoyer des œuvres de Girolamo Frescobaldi (1583-1643), Froberger et Louis Couperin (1626-1661), dans lesquelles se retrouvent des parentés stylistiques évidentes. Le génie de Froberger lui fait assimiler les différents langages de son temps : si Frescobaldi lui a enseigné l’art de la Toccata lors de son séjour à Rome, c’est le style brisé des luthistes français et l’art du prélude non mesuré à la Louis Couperin qu’il intégrera lors de ses passages par Paris.

Bien qu’ayant écrit presque exclusivement pour le clavier seul, il existe quelques preuves d’une pratique de sa musique sur d’autres instruments : c’est ainsi que la Fantaisie VIII se retrouve telle quelle publiée à Londres dans les Fantazias for altus and bassus de l’organiste anglais Richard Mico (v.1590-v.1661), recueil sûrement destiné à la famille des violes de gambe.

Quelques suites de danse pour violon et viole de gambe, exemples de transcriptions de ses suites pour clavier uniques dans leur genre, sont insérées dans un manuscrit de la bibliothèque de Wolfenbüttel, le Ludwig Partiturbuch. S’y trouvent également une suite attribuée à Christoph Bernhard (1628-1692), maître de chapelle à Dresde.

Ces diverses influences sont ici mises en regard dans ce programme, à l’instar des variations de Froberger sur la chanson populaire Auff die Maÿerin, qui répondent aux variations des lamentations du violiste anglais Tobias Hume.